Published on Aug 25, 2016

L'Ontario ne devrait pas externaliser l'éducation publique à McDonald

Toronto – Un nouvel accord entre les collèges de l'Ontario et McDonald menace la qualité de l'enseignement des affaires en Ontario et établit un précédent inquiétant pour l'externalisation de l'éducation publique à des entreprises privées.

« Malheureusement, dans ce cas, les plus grands perdants seront les étudiants, » a déclaré le président du SEFPO, Warren (Smokey) Thomas.  « Ce sont les diplômés qui seront dévalorisés aux yeux des employeurs, et ils vont manquer l'éducation de haute qualité offerte par les membres du personnel scolaire des collèges communautaires d’un bout à l’autre de la province.

« Tout cela est dangereux pour le grand public aussi.  Nous faisons confiance à un système d'éducation publique pour préparer les chefs de file de demain.  Voulons-nous vraiment que nos futurs chefs d'entreprise suivent un cours d’éthique auprès d’un restaurant de hamburgers ? »

L'entente annoncée cette semaine permettrait aux employés de McDonald ayant suivi des cours de formation à l’interne de passer directement à la dernière année d'un diplôme d'enseignement des affaires de deux ans.  En conséquence, les étudiants ne recevront que la moitié de leur éducation dans les collèges.

Cette entente soulève de préoccupations sérieuses pour les responsables de l'éducation.  « Elle ferait passer le contrôle d'un nombre important de crédits dans les collèges à une société privée de pratiques commerciales douteuses, y compris les complots d'évitement fiscal, les tactiques antisyndicales, et une dépendance à l'égard d'une main-d'œuvre précaire à bas salaire, » a remarqué RM Kennedy, président de l’Exécutif divisionnaire du personnel scolaire.  « Elle supprimerait la surveillance du personnel scolaire dans chaque collège qui a eu la formation pour évaluer correctement les connaissances et les compétences des étudiants.  Il permettrait à McDonald, plutôt que à nos collèges, de décider ce que les chefs d'entreprise doivent savoir. »

« Deb Matthews, en tant que ministre de l'enseignement supérieur, devrait avoir honte d'apporter son appui à cet assaut à notre système d'éducation publique, » a ajouté Thomas.  « Nos collèges communautaires ont le plus faible financement par étudiant au Canada.  Le gouvernement provincial doit y investir et ne devrait pas externaliser leur travail.

« Notre prochaine génération mérite mieux que les emplois dans les restaurants McDonald et les diplômes qu’ils offrent. »

Renseignements : Craig Ashbourne, agent intérimaire des communications, 226-821-1725