La réussite scolaire dépend de l’appui du personnel scolaire

4.pngPour que les étudiants réussissent, ils ont besoin de l’appui des membres du personnel scolaire à qui on donne suffisamment de temps et de stabilité pour élaborer les programmes d’études, enseigner les cours, fournir de l’appui en dehors des classes et utiliser ce qu’ils apprennent dans un semestre pour améliorer les cours du prochain. Malheureusement, le nombre de membres du personnel scolaire qui occupent des postes à temps plein et qui sont capables de donner ce genre d’appui ne cesse de diminuer.

En revanche, à mesure que l’inscription des étudiants augmente, nous voyons une croissance explosive du nombre de membres du personnel scolaire contractuel, qui ont peu de temps pour préparer les cours, sont payés une fraction de ce que reçoit le personnel scolaire à temps plein, et n’ont aucune capacité de prédire d’un semestre à l’autre si leurs postes se poursuivent ou non.

Ce n’est pas une recette pour réussir dans le système collégial – les étudiants risquent d’échouer dans ces conditions. Mais ça ne devrait pas être comme ça. Alors que les collèges publics de l’Ontario fêtent leur 50e anniversaire cette année, la façon d’assurer la réussite scolaire est de protéger les emplois du personnel scolaire à temps plein et d’améliorer les droits du personnel scolaire contractuel.

L’inscription des étudiants augmente, le nombre de personnel scolaire baisse

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Le nombre d’étudiants inscrits dans les collèges de l’Ontario ont presque doublé depuis 1989. Mais plutôt que de s’accroître comme le nombre des étudiants, le nombre de personnel scolaire à temps plein a réellement diminué au cours de la même période. Bien que les administrateurs continuent à se servir du libellé d’austérité pour justifi er l’élimination des postes à temps plein, les faits ne s’y correspondent pas. Une simple vérité : aujourd’hui, il y a à peu près 1 000 membres du personnel scolaire de moins pour enseigner 100 000 étudiants de plus qu’en 1989. Quel est le résultat ? La taille de classe et la charge de travail du personnel scolaire augmentent, de même que le nombre de personnel scolaire contractuel dans le système collégial. Il y a aussi un nombre croissant du nombre d’organismes d’enseignement parallèles, tels que les centres d’entrepreneuriat et les départements d’orientation, où travaillent les administrateurs et le personnel de soutien plutôt que les membres du personnel scolaire. Les dix dernières années témoignent une tendance inquiétante. À mesure que le nombre d’étudiants continue de grimper, le nombre du personnel scolaire à temps plein n’a pas réussi à se maintenir alors que le nombre d’administrateurs et de personnel de soutien monte en fl èche. En fait, ceux qui ont connu la croissance la plus rapide sont les administrateurs, qui ont vu leur nombre croître de plus de 77 pour cent entre 2002- 03 et 2015-16.

Une crise de dotation en personnel 

Le fait de ne pas embaucher de personnel scolaire à plein temps a donné lieu à une crise de dotation en personnel dans les collèges de l’Ontario. Les membres du personnel scolaire à temps partiel, à charge partielle et pour une période limitée (collectivement connus comme le personnel scolaire contractuel) dépassent maintenant le nombre des membres du personnel scolaire à temps plein près de trois par un, sans tenir compte du nombre important qui enseigne dans les cours de formation permanente, en ligne et à temps partiel. Pendant ce temps, alors que les frais de scolarité font augmenter le coût de l’éducation, les étudiants paient plus pour un accès réduit à l’appui que seul le personnel scolaire qui jouit de la sécurité d’emploi et d’une rémunération équitable puisse leur donner, à court terme et à long terme.

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Le sort du personnel scolaire contractuel

7.pngLes étudiants ne sont pas les seuls qui souff rent dans le contexte actuel. La dépendance des collèges d’un nombre sans cesse croissant du personnel scolaire contractuel ne s’est pas traduite par de meilleurs salaires ou conditions de travail pour ces employés qui font un travail précaire. Au lieu de cela, ils continuent de gagner une fraction de ce que gagnent les membres du personnel scolaire à plein temps, malgré le fait qu’on leur demande de faire le même travail. Bien que les salaires exacts varient entre les collèges, la paie en moyenne des membres du personnel scolaire contractuel pour l’équivalent d’une charge de travail à temps plein est moins de 30 000 $. En plus de ça, la plupart n’ont pas d’avantages sociaux ou de sécurité d’emploi, et continuent d’être pris au piège dans un travail précaire, année après année. Ces travailleurs reçoivent souvent leur aff ectation de cours à la dernière minute, et ont peu de temps pour préparer les cours ou rencontrer les étudiants. En raison de leur bas salaire, beaucoup sont obligés de travailler dans plusieurs collèges ou d’occuper d’autres emplois. Les membres du personnel scolaire contractuel méritent une rémunération équitable, des jours de maladie et de la reconnaissance de l’ancienneté. Cette ancienneté devrait également leur donner accès éventuel aux postes à temps plein lorsque ces derniers deviennent disponibles. Trop souvent dans le contexte actuel, ces travailleurs contractuels sont pris au piège dans un cycle continu de contrats à court terme.

Il ne manque pas de fonds pour ceux qui sont au sommet.

Comme le nombre d’administrateurs continue de grimper – de plus de 77 % depuis 2002-2003 – de même que leur désir d’une plus grande part des fonds d’un fi nancement gouvernemental plutôt limité. Juste l’hiver dernier, les présidents des collèges ont essayé de se donner des augmentations de salaire massives pendant les vacances, en espérant que personne ne le remarquerait. Les présidents, dont certains font déjà près de 500 000 $, ont voulu se procurer des augmentations de salaire allant jusqu’à 50 %, avec des augmentations signifi catives à suivre pour les autres administrateurs supérieurs en dessous. Seule une action rapide du syndicat qui a attiré l’attention des médias a pu les empêché de passer inaperçus. À la suite d’une réaction publique, le gouvernement a donné des directives aux collèges pour qu’ils élaborent un plan de rémunération plus raisonnable.